Les dégoûtés et les dégoûtants – Chapitre 263 – Alcool, tabac, stupéfiants… et politiques : le comparatif que personne n’ose faire
On nous explique depuis toujours que l’alcool détruit le foie, que le tabac bouche les artères et que les stupéfiants brouillent le jugement. Tout cela est sans doute vrai. Mais il manque une colonne au tableau des dangers : celle réservée à la manipulation politique, médiatique et administrative.
Parce qu’elle aussi crée une dépendance. Elle promet la sécurité, l’ordre, le progrès, l’inclusion, la transition, la protection — puis elle facture la facture à ceux qui n’ont jamais été consultés. Et le plus beau, dans cette affaire, c’est que la dose est gratuite : elle arrive par écran interposé, dans les journaux télévisés, les communiqués ministériels et les slogans conçus par des agences de communication.
L’alcool rend bavard. La manipulation rend obéissant. Le tabac raccourcit le souffle ; les interdictions permanentes raccourcissent la patience. Les stupéfiants modifient la perception du réel ; certaines campagnes de communication aussi, sauf qu’elles appellent cela « pédagogie ».
Il existe même une hiérarchie remarquable. Le fumeur doit cacher sa cigarette derrière une porte de service. Le buveur doit prouver qu’il sait s’arrêter. Le consommateur de produits interdits risque des poursuites. Mais celui qui manipule les foules, lui, reçoit des micros, des plateaux télé, des budgets de communication et parfois une retraite dorée.
La différence fondamentale tient en une phrase : la drogue classique détruit souvent d’abord celui qui la consomme ; la manipulation organise la destruction collective en la présentant comme une nécessité. Elle divise, fatigue, culpabilise, fait peur, puis propose son propre remède — évidemment payé par les mêmes citoyens qu’elle a mis à genoux.
Le vrai sevrage, ce n’est donc pas seulement arrêter de fumer ou de boire. C’est apprendre à reconnaître le discours qui veut nous faire accepter l’inacceptable : la peur comme méthode de gouvernement, la culpabilité comme outil de gestion, et la résignation comme preuve de civisme.
Car au bout du compte, il y a des drogues qui abîment le cerveau, et d’autres qui le formatent. Les premières sont surveillées, taxées et interdites. Les secondes sont élues, subventionnées et rediffusées en boucle.
La manipulation est la seule drogue qui se présente comme un service public.
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